Psychanalyse de l'enfant

Tout engagement dans un processus analytique avec un enfant me demande de faire un travail pour comprendre et élaborer le sens de la demande de ses parents. En effet, un enfant ne fait fait jamais une demande d'analyse de son propre chef; c'est souvent les parents qui demande de l'aide parce qu'ils sont dans l'angoisse, la culpabilité ou la honte.

Il s'agit donc de comprendre s'il s'agit réellement de la souffrance de l'enfant ou de la souffrance des parents suite à un sentiment d'échec, une atteinte narcissique ou une complicité inconsciente autour des symptômes.

Les parents place souvent le psychanalyste dans la position de "parent" lorsqu'ils exposent la situation de leur enfant mais celle-ci se mélange avec le récit de leur propre enfance.

L'entretien préléminaire

C'est un temps d'élaboration de la demande. C'est un moment important puisque je dois 'rentrer dans l'univers des parents" (Diatkine 1982). Je dois les reconnaître en tant que personne mais entendre aussi leurs attentes multiples, souvent contradictoires.

Pour que l'enfant accepte de faire une psychanalyse, il faut que ses parents tiennent comptent de leurs propres contradictions dans leur vie inconsciente. Il s'agit pour eux de faire un travail de deuil: aller vers une séparation psychique, éviter des identifications systématiques avec l'enfant. Il s'agit d'accepter les différences et l'individualisation de chacun.

Le cadre

Il faut entendre ici " cadre psychique" qui autorise le processus analytique. Dans la psychanalyse de l'enfant, le dispositif divan/fauteuil n'est  pas adapté. L'enfant a besoin d'investir l'espace du cabinet: il a besoin de s'approprier l'espace ainsi que les ressources; pour lui, c'est une surface de projection ou un exutoire. Ainsi, différents objets vont être à sa disposition: feuilles de papiers, crayons, peintures, pâtes à modeler, jouets etc...Il peut retrouver ses supports d'une séance à l'autre ainsi que ses différentes productions.

L'accent est mis sur l'imagination, l'inventivité afin de faciliter la mise en scène des fantasmes et l'utilisation symbolique.

La durée de chaque séance est de 60 minutes. Cela peut paraître long mais chaque enfant développe rapidement la conscience du temps qui lui est consacré: il n'aime pas le manque de ponctualité ou le changement d'horaire.

En tant que psychanalyste, j'essaye d'apporter une enveloppe maternelle, c'est-à-dire que je fais preuve d'une disponibilité émotionnelle, de sensibilité aux affects, de tolérance aux mouvements pulsionnels. J'utilise l'activité associative et la créativité pour fonder l'alliance thérapeutique avec l'enfant.

L'alliance thérapeutique

Elle se construit d'abord avec les parents. Ils ont besoin d'être rassurer afin de ne pas faire obstacle à la mise en place de la cure analytique. Ensuite, elle se fait avec l'enfant qui ne sait pas toujours ou ne comprend pas pourquoi il a besoin de voir une psychanalyste. Il faut donc prendre le temps le temps de lui expliquer pourquoi il a le droit de donner du sens à ses symptômes et à sa souffrance et pourquoi il a le droit d'être soulagé.