Relation psychanalyste/patient

Le cadre psychanalytique est différent d'un cadre médical. Dans le cadre médical, le patient est dans une position passive à l'égard du médecin: il demande un appui, des conseils, un soutien dans un cadre socialement protégé.

Dans le cadre psychanalytique, le patient est invité à associer librement sur sa propre souffrance, son histoire particulière, ses expressions symptomatiques propres. Il peut donc avoir de grandes difficultés à accepter ce cadre qui le mobilise entièrement. En effet, il doit prendre en charge financièrement son traitement, se soumettre à la régularité des séances, même en période de résistance ou de difficultés concrètes.

Le patient est un sujet qui est toujours dans la mouvance: il oscille souvent entre sa dépendance, sa recherche permanente de réassurance ou de gratification narcissique , sa crainte fantasmatique d'être livré à un professionnel qu'il ne connaît pas ou d'autres considérations. Tout ceci peut constituer un véritable obstacle qui peut empêcher le patient de consulter.

Ce qui est important!

Certains patients se sentent plus rassurés dans un cadre psychiatrique et d'autres dans un cadre psychanalytique. D'autres utilisent ces deux cadres. Le patient est libre de choisir son cadre thérapeutique. Il peut consulter un psychiatre (cadre médical) ou un psychanalyste (cadre psychanalytique) ou les deux.

L'opportunité d'une analyse

Personne ne sait à l'avance le cheminement qu'il va effectué car cela dépend de plusieurs facteurs. Une analyse permet de modifier de nombreuses situations:

- l'existence de conflits psychiques que le patient constate qu'ils viennent de lui-même, de son histoire et qui entraînent tension, angoisse, blocage.

- des fixations conflictuelles ambivalentes à des situations infantiles aux images parentales: dépendance agressive, préoccupations absorbantes d'un passé non résolu.

- des difficultés pour les choix, les engagements ou la réalisation de tel ou tel désir

- des situations répétitives douloureuses où le patient perçoit qu'il rejoue la même situation pénible, qu'il s'enferment dans les mêmes relations toxiques.

- une sensibilité extrême à des rencontres vécues en permanence comme traumatiques dans un contexte hystérique: présence des phobies électives, de rituels inutiles.

Le patient en analyse peut-il également avoir un psychiatre?

Oui, c'est possible. Dans les patients que je suis, certains sont suivis également par un psychiatre. Mais ce professionnel n'interfère pas dans l'analyse en cours. Il fournit au patient des médicaments, un appui, des options quand à un arrêt de travail ou d'autres orientations concernant le contexte familial ou social. D'autres patients espacent ou cessent leurs consultations psychiatriques parce qu'ils ont bien avancer dans leur analyse.

Il arrive aussi que certains patients essayent de mettre le psychanalyste ou le psychiatre dans une position de clivage: plaintes à l'égard de l'un ou de l'autre, questionnement à l'égard de l'arrêt des médicaments ou de la cure, évocation de thèmes pouvant être aborder avec l'un ou l'autre, tentative d'obtenir une invalidation de l'un ou de l'autre.

Personnellement, je tiens compte de ce que me dis chaque patient mais je respecte également les autres professionnels avec qui je suis amener à collaborer. Cela signifie que le patient ne doit pas s'attendre à ce que j'émette une critique.